Internet, au plus près des citoyens 2.

II- Internet, au plus près des citoyens

2) … et les sites communautaires …

 

Introduction :

Les réseaux sociaux (ou sites communautaires) sur Internet sont là pour se faire des amis, discuter, apprendre à se connaître, et permettent de construire ou élargir un réseau personnel ou professionnel. Ils ont leurs place dans des domaines très divers comme la musique, la mode, les loisirs, les voyages, les sports ou encore la politique.

En 2009, près de 16 millions d'internautes français étaient inscrits sur au moins un site communautaire. L'attachement des internautes à ces sites est très marqué puisque près d'un quart d'entre eux s'y connectent tous les jours ou presque (environ 4,3 millions).

En ce qui concerne les réseaux politiques - outre les blogs - les partis politiques et politiciens utilisent de plus en plus les réseaux sociaux et les sites communautaires. Parmi ceux-ci, on compte des sites de partage vidéo en ligne comme DailyMotion et YouTube. Ils ont notamment servi à la diffusion du Lip Dub des jeunes de l’UMP qui a fait un véritable ‘’buzz’’ médiatique depuis sa mise en ligne en décembre dernier. Nous allons analyser deux autres réseaux sociaux au travers de personnalités politiques, mais également les sites communautaires propres à certains partis politiques.

1) Facebook

Facebook est le réseau social le plus utilisé par les Français. On compte plusieurs centaines de millions d’inscrits (350 millions dans le monde entier en décembre 2009, dont environ 13 millions de français, soit près de 20% de la population).

Facebook est donc le support le plus exploité par les politiques de tous bord. C’est le moyen idéal pour communiquer avec les citoyens. Ils se sentent encore plus proche des Français que lors de leurs ballades sur les marchés le dimanche matin. La relation se veut amicale puisque que c’est sur Facebook que l’on communique en continu avec ses nombreux amis.

On retrouve donc sur ce site quasiment tous les hommes politiques : Martine Aubry, Olivier Besancenot, Jacques Chirac, ou encore Ségolène Royal, mais aussi leur parti, des syndicats (comme la CGT ou CFE-CGC), et bien d’autres associations. Ces acteurs politiques ne disposent cependant pas d’un profil personnel comme les autres membres de ce site mais d’une page officielle où l’on peut devenir leur supporter.

Prenons pour exemple la page de Nicolas Sarkozy. Elle est accessible sans avoir de compte Facebook. Sur sa photo de profil, il apparait souriant, décontracté sur un fond de plage, ce qui le différencie de son costume-cravate du site de l’Elysée. Il s’adresse directement à ses 200 000 « supporters » en parlant de choses et d’autres : il nous souhaite la bonne année, nous parle du site de son épouse Carla Bruni. Il est fier de son fils Jean, soutient l’équipe de France et nous fait part de ses souvenirs de sa visite à Berlin le 9 Novembre 1989, qui fera d’ailleurs l’objet de beaucoup de polémiques. Dans sa page Info, il nous dévoile tout et on deviendrait presque son ami. On prend connaissance de ses activités favorites, de ses lectures, etc. On trouve également sur sa page des photos, des vidéos (dont deux où le chef de l'Etat rend visite à son épouse lors d’une interview avec un très célèbre magazine féminin français.) … L’objectif de l’Elysée est de « Montrer la vie de l'homme derrière le président ».

Le pronom personnel « je » est très employé dans ses statuts rédigés par Franck Louvrier et Nicolas Princen, deux conseillers en communication du chef de l’Etat. On cherche ici à créer une proximité entre Nicolas Sarkozy et les citoyens français. Toutefois le site n’a pas été mis à jour depuis Noël dernier, à l’occasion des vœux.

2) Twitter

Un autre site communautaire très utilisé par les Français et par les politiques est Twitter (gazouiller en anglais). Selon une étude IFOP, six Français sur dix connaissent aujourd'hui ce réseau social, basé sur le système de mini-messages. Encore peu connu en France il y a quelques mois, Twitter permet de dialoguer en quelques mots (pas plus de 140 caractères) avec son réseau.

Ainsi, on retrouve sur Twitter le Ministère des affaires étrangères et européennes (sous le pseudo de Francediplo) qui fut le premier ministère français sur le site, le Ministère de l’intérieur (Place_Beauvau) et celui de l’éducation nationale (EducationFrance). Sont également sur Twitter des personnalités politiques qui ont leur propre compte, telles que Nathalie Kosciusko-Morizet, Michel Barnier, Laurent Wauquiez, Luc Chatel, Laurent Fabius, …
Twitter permet à ces ministères et personnalités politiques d’informer le public en temps réel de leurs activités, par l’intermédiaire de messages courts. Francediplo, précédemment cité, attire plus d’1,5 million de visiteurs par mois.

Le Président de la République avait ouvert un compte Twitter (elyseecop15) spécialement pour le sommet de Copenhague de décembre 2009 mais il est aujourd’hui supprimé. Bien sûr, Nicolas Sarkozy n'écrivait pas lui-même sur Twitter, d'ailleurs les messages n’étaient pas à la première personne. L'Elysée envisage de retenter l'expérience Twitter, peut être lors du sommet du G20 que la France organisera en 2011.

 

 3) Les réseaux sociaux politiques

On pouvait déjà retrouver les politiques français sur la toile notamment au travers de Facebook ou Twitter. Cependant, chacun de leur côté préparaient secrètement pour ce début d’année leur propre site communautaire. Tout est parti des affaires Clearstream et EPAD/Sarkozy qui on été suivies en temps réel grâce à Twitter. Ceci n’est cependant pas nouveau à l’échelle internationale. Aux Etats-Unis, Barack Obama avait largement utilisé les réseaux sociaux pour sa campagne électorale avant de créer son propre réseau, où l’on peut trouver des projets de réforme comme actuellement celui de l’assurance maladie.

Il est important, même en dehors des périodes électorales, de ne pas être déconnecté des citoyens. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’état à l’économie numérique, en est un exemple : elle est présente à la fois à Longjumeau (dont elle est maire) et sur les médias sociaux. Elle organise périodiquement des réunions à l’Elysée pour les élus, conseillant à ces derniers de développer au maximum leur communication sur Internet.

Les différents partis politiques préparent sur la toile les régionales de 2010 et les présidentielles de 2012. De l'UMP au Parti Socialiste en passant par le Nouveau Centre tous ont désormais leur espace personnel bien étoffé. Tout le monde veut son mybarackobama.com !
Presque tous ont vu le jour en ce début d’année. Un de leurs points communs est que vous pouvez à partir de leur page d’accueil accéder à leur site officiel, leur Facebook, Twitter, Flickr, DailyMotion, YouTube, … sous forme d’icônes. 
 


 

Petit tour d’horizon de ces sites communautaires …

 

Le club Villepin

 Il est sans doute le plus ancien. Créé en juillet 2009, le Club Villepin dispose depuis le 15 septembre 2009 de son site Internet. A une semaine du début du procès Clearstream, l'ancien Premier ministre proposait aux internautes de débattre avec lui et d'apporter des réflexions sur l'actualité politique, sous forme de rendez-vous vidéo réguliers.

Le PS et La Coopol

 Le 12 janvier 2010, le site communautaire du PS s'est ouvert aux Français. Il est nécessaire de s’inscrire sur la page d’accueil pour avoir accès au site. Toutefois, Marc Levasseur (blogueur socialiste) nous informe sur ce site : « La Coopol est l'outil de mise en réseau des Socialistes Français et permet d'organiser la vie du premier parti politique d'opposition de France. […] C'est un outil pour mieux travailler ensemble mais aussi et avant tout un réseau communautaire où l'on se retrouve aussi bien entre amis qu'entre personnes ayant les mêmes sujets de conversation et d'expertises. »

Le PS et le Pôle Ecologique

Le pôle écologique du PS regroupe des élus et des militants socialistes de toutes, régions et de sensibilités différentes, ce qui en fait la richesse du site. Ce dernier cible plus précisément les problèmes de crises écologique et climatique et sur l’avenir des sociétés.

L’UMP et Les Créateurs de possibles

L’ouverture des Créateurs de possibles a eu a eu lieu le 7 janvier dernier. Son slogan « quand on veut on peut » est non sans nous rappeler le célèbre "Yes, we can" de Barack Obama. Le site ne fait référence de son appartenance à l'UMP que dans la page Mentions légales, et à travers son logo.
Selon ses créateurs, ce site a essentiellement pour objectif de recruter et mobiliser. Il a aussi un rôle plus interactif qu’un site officiel. On peut lire sur la page d’accueil « Les Créateurs de Possibles […] constituent une révolution dans la manière de faire de la politique grâce à Internet : vous n'êtes plus spectateur mais véritablement acteur du débat citoyen. Le site vous permet de créer des initiatives (projets nationaux et locaux, débats...) et de mettre en place des actions concrètes. »

Ségolène Royal et La fraternité en action

En tant qu’acteur politique et non comme parti, Ségolène Royal lance elle aussi son site communautaire : « La Fraternité en Action », espace dédié à l’entraide et à la citoyenneté.

On se souvient que le site de Ségolène, ouvert en septembre 2009, fut l’objet de nombreuses polémiques. En effet, la première version de « Désirs d’Avenir » avait été copieusement critiquée pendant les heures qui ont suivi son lancement. Une nouvelle version du site a donc été ouverte. Ségolène Royal y parle du lancement officiel de « La Fraternité en Action » qui a eu lieu le 3 janvier dernier et qui possède sa propre page Facebook.

Selon ses créateurs « Le site est réellement participatif car l'ensemble des rubriques est modulable par les internautes adhérents; on ne fait pas que donner son avis, on fait aussi évoluer les contenus! La fraternité reste le fil rouge de cette plate-forme. En plus de fraterniser par les mots, les adhérents de Désirs d'avenir pourront s'appuyer sur Internet pour recréer du lien et s'entraider à travers un réseau social basé sur les échanges solidaires. »

Le Nouveau Centre, un parti, deux réseaux sociaux : ThinkCentre et Epicentres


Ces sites proposent depuis le 27 octobre 2009 d’après les créateurs « De communiquer avec toute une communauté de personnes qui partagent vos convictions politiques ; Organiser ou participer à des événements près de chez vous.

Les Démocrates

On peut s’inscrire, mais on peut aussi s’informer en tout anonymat sur les points de vue et analyses politiques (ou autres) de François Bayrou.

Europe Ecologie

Europe Ecologie est lui aussi actif depuis le début de l’année. On y trouve sur la page d’accueil un Kit Militant à télécharger. Celui-ci permet de « créer un comité local ou un groupe thématique ». Le site se différencie de certains par une volonté marquée d’afficher son appartenance politique. Ceci a le mérite d’être clair car dès la page d’accueil on peut voir un trombinoscope des principaux membres du parti et leurs dirigeants.

Le PC et AlternaTV

Plus modeste, le PC vient de lancer AlternaTV, une WebTV "alimentée par les caméras de gens de gauche". On peut accéder aux vidéos, et se les approprier à des fins personnelles. De plus les adhérents ont un rôle participatif dans la construction des pages web.  

Critiques de Nicolas Vanbremeers, politologue, sur son blog :

« Chaque parti a donc un agenda énorme, pour préparer 2012 en ligne. Les créateurs de possibles, par son ignorance de la sociabilité, et la Coopol, par sa fermeture, ignorent que l’important est ailleurs. Il est là : sur le web non comme outil d’organisation, mais comme territoire réel, comme lieu de rencontre, de circulation des idées, de partage, de mobilisations de pair à pair, sans gros site qui nous mâche le travail. Allez, encore un effort ! »

Conclusion :

Les réseaux sociaux peuvent nous laisser croire que les politiciens sont nos amis. Nous savons tout de leur vie : leur situation personnelle, leur adresse, leurs goûts, et leurs albums photos sont consultables en ligne. Malgré tout, à nos questions posées par emails pour notre TPE, aucun des hommes politiques sollicités n’a à ce jour répondu. Notre « amitié » n’est-elle qu’une illusion ?

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