Internet, au plus près des citoyens 3.

 

II- Internet au plus près des citoyens

3) La modernité au service de la politique

 

Introduction

Multiplication des sites et forums de discussions politiques, mise à disposition de plates-formes militantes de blogs, campagnes de marketing politique inédites, achats de mots-clés, adhésions en ligne... l'irruption d'Internet dans la vie politique française bouscule fortement une communication politique encadrée par un dispositif juridique ayant jusqu'à présent laissé très peu de place à l'innovation. Désormais on peut parler d’une véritable modernisation de la politique

                                                                                                           

En effet, la France politique, comme de nombreux pays avant elle est passée à son tour, de l'ombre à la lumière informatique et à la communication politique internet. Tardivement, mais complètement.

Initialement la communication politique consistait seulement à étudier la communication du gouvernement vers l’électorat. Ensuite elle s’est révélée indispensable  dans l’échange de positions politique entre les différents partis politique et aujourd’hui, cette communication politique sur Internet apparait comme l’espace où s’échangent des opinions différentes entre les trois acteurs qui ont la légitimité de s’exprimer librement : les hommes politiques, les journalistes et l’opinion publique.

Internet est un média redoutable sur lequel on peut s’exprimer librement, ce qui garantit le respect du pluralisme, grâce à la facilité d’accès au réseau et sa rapidité. Ainsi, connecté en permanence, un acteur de la vie politique peut de manière immédiate et efficace communiquer ses idées ou réagir à certaines positions, sans passer par des émissions radiophoniques ou télévisuelles. Internet permet donc de progresser en visibilité et de favoriser le débat politique à des coûts mineurs. Par divers exemples, on observe une véritable prise de conscience quant à son influence nouvelle et moderne dans le monde politique.

De nombreux exemples permettent de constater concrètement le succès inédit de ce nouveau média ouvert à tous. Ainsi apparaissent de nouvelles techniques et outils jusqu’alors inconnus, et qui font désormais parti intégrante du vocabulaire de la politique actuelle.

On se souviendra notamment de la victoire des opposants au projet de Constitution européenne et leur campagne en ligne particulièrement active. En effet, l'issue du référendum du 29 mai 2005 en France a profondément marqué les esprits et suscité, une croyance collective en la potentialité d'Internet à structurer le rapport des citoyens aux politiques et à influencer le résultat des élections. Actuellement, les supports de communication à destination des électeurs ont considérablement évolué, suscitant en parallèle l'intérêt des médias « traditionnels » pour ce phénomène et les nouvelles formes de mobilisation politique qu'il suscite. Par ailleurs, les résultats d'une enquête de Médiamétrie indiquent que plus de 5 millions d'internautes avaient consulté, en mars 2007, les sites et blogs liés à la campagne électorale, alors qu'ils n'étaient que 1,5 million en octobre 2006, illustrent en tout cas le rôle du web dans la campagne présidentielle. Rappelons que l'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy, promise aux quotidiens, a été connue des internautes la veille et qu’il fut également le premier homme podcasté .Ainsi, peu à peu tout devient susceptible d’être révélé sur le Net aux yeux de tous. S’il est vrai que de nos jours des partis, comme l’UMP ou Le PS usent de stratégies politiques Internet efficaces, et recrutent désormais de plus en plus leurs militants dans ce que l’on appelle la blogosphère, il apparait également que cette universalisation de l’information engendre une perte de contrôle des dirigeants politiques.

Cette modernité au service de la politique repose sur l’utilisation de nouveaux supports tels que les forums, les blogs, les sites ou encore la techniques des e-mailing.                                                                                             

En effet les forums de discussion, les blogs ou les sites sont l'une des principales innovations d'Internet et constituent de nouveaux outils de liberté d'expression et de communication. En outre, ces technologies  permettent à chaque individu de s'exposer, mais aussi, comme nous l'avons vu, d'engager le dialogue avec des correspondants indéterminés, de plus cette source d'interactivité permet d'entretenir un lieu d'échanges 

 

Il est également important de souligner l’utilisation de la prospection politique, qui  peut se définir comme le fait d'adresser un message à caractère politique à une  personne qui ne l'a pas demandée. Sur Internet, cette prospection se fait généralement par courrier électronique, et poursuit diverses finalités : communication, invitation à une réunion, adhésion à un parti. Divers partis ou hommes politiques ont déjà utilisé ce type de communication en ligne. Ainsi  l'UMP a envoyé, plus de 300 000 courriers électroniques en prévision de l'élection présidentielle de 2007. Ce message était accompagné de la signature manuscrite du candidat, et d'un lien sur un « OUI » renvoyant à la page d'inscription sur le site de l'UMP pour suivre les débats à venir. L'objectif de la campagne étant d'attirer 10 000 nouveaux adhérents, comme l'a déclaré Yves Jego, secrétaire national du parti, « le but est d'amener la modernité dans la vie politique. C'est un peu le tract du vingt-et-unième siècle ». Cependant une centaine d'internautes s'était alors plaint auprès de la CNIL (la Commission Nationale Informatique des Libertés) d'avoir reçu ces courriers sans avoir préalablement donné leur consentement.

Par conséquent, la question de l'e-mailing politique a donné lieu à l'expression de nombreuses interrogations. Cette question s'avère être l'une des plus débattues, en raison de son impact sur des libertés fondamentales. La possibilité de s'adresser aux personnes par courriel s'apparente pour plusieurs formations politiques, à l'exercice même de la liberté d'expression et de communication. Certains politiques font valoir que cette sollicitation politique est une forme noble de communication et contribue à l'implication des citoyens dans la vie politique. Il apparaît donc paradoxal de stigmatiser ce qui peut s'avérer être un moyen efficace de rapprocher les citoyens de la vie publique de laquelle ils semblent se désintéresser. À l'opposé, certains estiment que cette nouvelle forme de liberté d'expression se heurte à un principe tout aussi fondamental, celui du respect de la vie privée. Les techniques de prospection par e-mail sont en effet jugées particulièrement intrusives, ce qui justifierait que la personne ait par avance consentie à être sollicitée dans un cadre de prospection politique.                                                           

Conclusion  

L'Internet français s'est transformé en quelques mois en une véritable encyclopédie de contenus politiques : est-ce lié à l'intérêt que les Français ont porté aux événements politiques ou l'Internet a t-il contribué à créer cet intérêt ? La réponse reste incertaine mais révèle la limite d’Internet : une telle masse d’informations sur les événements politiques  (texte, vidéo et son…) qu’il aurait fallu des heures pour les consulter tous les jours. C’est ce qui oppose Internet et la télévision dont la grande force, est de réunir autour de son écran plus de 20 millions de français. Au cours de la campagne présidentielle de 2007, certains ont évoqué l'idée de contrôler l'Internet, comme l'audiovisuel l'est par le CSA. Car, pendant cette campagne, des citoyens ont multiplié les commentaires éclairs, les raisonnements fallacieux et pollué délibérément le fil de discussions, sous couvert d'anonymat. Il est donc légitime de se demander si l'Internet peut être plus influent que la télévision ? La réponse est non. La campagne électorale restera pour longtemps sur la télévision comme média institutionnel. Certes, l'Internet sera l'outil montant des prochains évènements politiques, mais la télévision demeure l'atout maître de la communication ». L'impact d'Internet sur la médiatisation traditionnelle est relatif, et la hiérarchisation - télévisions, radios, journaux - n'est pas remise en question pour l’instant. Cet intérêt de l'électorat pour la politique est-il en phase de pérennisation ou d'éclosion, grâce à l'Internet ? Ce qui est sur c’est qu’Internet  apparaît comme une opportunité technologique dans un contexte politique favorable, et  que ce nouveau réseau représente un élément, voire un évènement inédit de la politique.

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