Internet, un support attrayant 1.

 

I- Internet, un support attrayant

      1. Un support moderne

Introduction

« Redouté par les uns et adulé par les autres, le réseau des réseaux présente un double visage: ce peut être à la fois un danger et un vecteur de liberté. » souligne Elisabeth Guigou, femme politique française. En effet, Internet possède deux visages : ce réseau, créé en 1969, peut être un danger, dans la mesure où la moindre information, qu’elle soit vraie ou fabriquée de toute pièce, est relayée dans le monde entier à une vitesse phénoménale ; d’autre part, les sites de chat et les forums peuvent amener à faire des rencontres parfois dangereuses. Cependant, chaque personne y est libre de s’exprimer, de partager et possède une part de pouvoir : c’est le principe de la liberté d’expression. Selon Patrice Flichy, un professeur d’université, Internet « est un réseau totalement décentralisé, où chaque intervenant a le même pouvoir que les autres ». Pour autant, le retard de la France en matière d’investissement de la scène du World Wide Web s’explique par le fait que cette liberté peut paraître effrayante. « Il faut dompter Internet. Rien n’est plus redoutable qu’une liberté sauvage. » analyse Ivan Rioufol, l’auteur d’Un enjeu Politique sur les possibilités d’Internet.

Mais surtout, Internet est le symbole de l’intelligence de l’homme et de son avancée dans la technologie, de la modernité. Car quoi de plus simple aujourd’hui pour se cultiver, chercher une information, partager, communiquer, …, que d’utiliser Internet ? Internet est devenu aujourd’hui l’un des premiers supports utilisé par les populations, qui y voient un formidable espace à exploiter. C’est pourquoi les partis politiques ont décidé de relever le défi et d’investir le réseau : Patrick Flichy le fait remarquer, en affirmant qu’il s’agit là d’une « c’est la volonté de faire coopérer les décideurs politiques, l’administration et les citoyens […]. Toutes ces activités peuvent potentiellement être réalisées avec Internet. ». Internet fait également partie de la vie politique, puisqu’il permet l’administration électronique, mais surtout depuis le développement du vote électronique, qui permet de voter à distance.

 

En misant sur cette carte de la praticité et de la fonctionnalité, mais surtout en jouant sur la modernité de ce nouveau support, les partis politiques utilisent un média qui autorise toutes les fantaisies et permet de relier images, son, textes, vidéos, …

Ainsi, l’intégration de vidéos et de podcasts rend les sites et pages Web plus attrayants et plus vivants. Les liens vers Youtube, Dailymotion, la création de « chaînes télévisées », qui rassemblent les vidéos des principales interventions des personnalités politique, se multiplient, afin d’exploiter le maximum de supports possible et rendre les sites intéressants, attractifs et vivants. La spécialisation de ces « chaînes » permet aux internautes de se repérer facilement et de retrouver rapidement les archives des vidéos sur les sites. On pense notamment aux « Positions-TV », « Débats-TV », « Fédé-TV », et autres « Jeunes POP-TV » de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP). L’outil de recherche sur le site du PS permet également aux internautes de retrouver une intervention le plus rapidement possible. Tout est conçu pour la rapidité et l’efficacité, afin de garantir aux visiteurs un service irréprochable et une qualité des renseignements impeccables, pour contenter un public de plus en plus exigeant.

De même, les « Points Presse », les « Communiqués », les « Actualités » et les « Revues de Presse », qui allient textes et photos, mettent en corrélation informatique et presse écrite, et dressent un compte-rendu synthétisé des dernières informations importantes. On peut par exemple citer l’ « Hebdo » du Parti Socialiste (PS), sorte de journal électronique à télécharger toutes les semaines pour tenir au courant les adhérents au site et les visiteurs, ou les « Communiqués » de l’UMP, qui se présente sous la forme de brefs articles retraçant les évènements importants récents, ainsi que le « Point Presse », lui aussi constitué d’un ensemble de petits articles synthétisant l’actualité du parti politique. L’UMP propose également des « Tribunes », qui sont des textes plus longs détaillant les sujets d’actualité du moment et permettent au parti de présenter ses arguments sur différents points qui constituent les sujets de débats du moment. Par exemple, la privatisation de la Poste constitue à elle seule deux sujets de tribunes dans les « colonnes » de l’UMP. La retransmission des interviews des personnalités politiques est également à l’honneur sur le site du parti de Nicolas Sarkozy : François Fillon, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin, …dressent ainsi régulièrement le compte-rendu des prises de parole publiques qu’ils effectuent : en rencontre à l’extérieur, à l’Assemblée Nationale, à la radio, à la télévision, dans la presse écrite, les occasions ne manquent pas de s’exprimer.

D’autre part, l’actualité des évènements des différents partis est maintenue grâce aux « Agenda » (UMP), et aux « Questions d’Actu » (PS), afin d’informer les adhérents des dates importantes et des manifestations des personnalités politiques. Les militants et les internautes peuvent ainsi savoir quand les représentants du parti s’expriment et interviennent, que ce soit « sur le terrain » ou « dans les médias » (UMP). Un autre moyen de se rapprocher des foules et de les tenir informées des évènements importants et des dates à retenir, et donc de mobiliser les internautes.

En outre, l’utilisation des « Tags » (un tag est un mot-clé ou terme associé à de l'information (une image, un article, ou un clip vidéo), qui décrit l'objet et permet une classification des informations basée sur le mot-clé) permet aux internautes de retrouver rapidement un article à partir de mots-clés et d’accéder rapidement à l’information grâce à certains termes importants. Le PS l’a bien compris, et se sert de ces mots-clés pour constituer des liens directs vers ses communiqués. Pour permettre aux internautes de se retrouver parmi la masse d’information à leur disposition, l’UMP mise de son côté sur la « recherche » d’articles, permettant ainsi aux cybernautes de trouver rapidement et de manière efficace l’information qu’ils recherchent.

Logo de la Charte de l'Environnement, promulguée en 2005 Enfin, l’intérêt environnemental est également important, et peut constituer une motivation pour les partis politiques : en effet, l’utilisation d’Internet permet de réduire les impressions écrites pour la presse, et de diminuer l’utilisation de feuilles nécessaires à la fabrication d’un journal. Avec Internet, plus besoin d’encre, ni de papier : tout est numérisé et enregistré ! Cet avantage s’inscrit ainsi dans la lignée des préoccupations écologiques liées au réchauffement de la planète. (Sommet de Copenhague, du 7 au 18 décembre 2009). L’UMP l’a bien compris, et a créé une « filiale », baptisée « Mouvement de l’Ecologie Populaire », dans la droite lignée des problèmes environnementaux actuels, ce qui montre sa volonté de prouver aux populations son attachement aux questions écologiques.

Internet cesse donc peu à peu d’être un gadget pour devenir véritablement un outil indispensable dans la vie politique. Il est de plus en plus présent dans les foyers, et est pratiquement aussi utilisé que la télévision. « Internet oblige les gouvernements à plus de transparence. », juge ainsi Thierry Vedel, sociologue au Centre d’Etude de la Vie Politique Française. « Il propose un nouvel espace pour le débat public. [En effet,] le Web peut faciliter la coordination de l’appareil de campagne d’un parti. » Difficile, dans ces conditions, de passer outre ce nouveau média, qui en vient à concurrencer les autres supports par sa  jeunesse et les possibilités d’exploitation qu’il offre à ses utilisateurs. « Internet est jeune, dit encore Thierry Vedel. Et toutes ses potentialités pour la communication politique n'ont pas encore été exploitées ».

Conclusion

Il est donc nécessaire d’envisager toutes les ressources, pour mieux pouvoir les exploiter et en tirer parti. Les partis politiques tentent donc, avec un peu de retard, d’investir ce nouveau terrain d’information et d’échange, où ils peuvent en toute liberté se rapprocher de leur public ; pour autant, celui-ci ne semble pas encore mesurer toute la richesse d’Internet : en France, à peine 1% des électeurs ont consulté les différents sites des partis afin de trouver des renseignements sur les candidats, les programmes, la campagne réalisée, … Bien loin derrière les Etats-Unis, où les citoyens sont entre 10 et 12% à rechercher régulièrement des informations et à suivre l’actualité politique grâce à la « Toile ».

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