Les stratégies des partis politiques 2.

III- La stratégie des partis politiques

2) Un phénomène social

Introduction :

 Les acteurs politiques mettent en œuvre tous les moyens mis à leur disposition afin d’attirer le plus de monde vers leur parti. Que ce soit à travers des pétitions ou des débats, Internet est réellement devenu l’outil de communication indispensable à la politique actuelle.
Cependant, Internet peut aussi être dégradant et peut desservir l’image des politiques.

  

1) Les différents moyens de participation

 « Participez aujourd’hui au succès de demain ». Tel est le slogan de l’UMP, qui incite fortement aux dons sur son site. Il permet aux adhérents de jouer un rôle au sein du parti. Ceux-ci deviennent acteurs et actionnaires de l’UMP.

Les pétitions sont nombreuses sur les sites des partis politiques. A travers celles-ci, les acteurs politiques donnent leur avis sur des sujets d’actualité, et chaque site leur consacre une rubrique à part entière. On retrouve par exemple sur le site du PS une pétition qui dit « Non à la privatisation de La Poste » tandis qu’à l’UMP on trouvait « Dites oui à l’ouverture des magasins le dimanche », ou encore « Dites oui à la responsabilisation des parents d’enfants qui ne sont pas assidus à l’école ».

Un véritable site internet dédié au débat sur l’identité nationale a été créé par le Ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. On trouve également des débats sur les sites et blogs des partis politiques. Par exemple sur le blog de l’UMP : « Face à la nouvelle délinquance des mineurs, quelles solutions ? » les visiteurs du site sont invités à réagir et à donner leur avis. Des pétitions émanent aussi de journaux en ligne (exemple sur le site de lexpress.fr à propos de la suppression de l’Histoire/Géographie en classe Terminale S).

  


2) La facette négative de l’utilisation d’Internet

 Il est maintenant possible pour les internautes de contester l’information. C’est la « contre-information numérique ». On peut le constater sur les forums de discussion, où tout anonyme peut argumenter et polémiquer sur tous les sujets politiques. Les internautes ne reçoivent plus seulement les informations, mais en sont parfois à l’origine. Le Net permet une liberté de parole totale et directe.
L’utilisation d’Internet peut donc être un véritable problème de société si les informations et les sites sont détournés à des fins de « destruction morale ». L’homme politique n’a plus le droit à l’erreur car le moindre faux pas peut lui coûter très cher.

On se souvient par exemple du fameux « Casse-toi, pauv' con ! » de Nicolas Sarkozy lors du Salon de l’Agriculture en février 2008. La vidéo a été vue plus de 11 millions de fois sur YouTube et porte encore préjudice au chef d’Etat.

Autre polémique sur le Net, Nicolas Sarkozy raconte sur Facebook son expérience personnelle lors de la chute du Mur de Berlin. Le journaliste Alain Auffray nous révèle cependant sur son blog : « Le matin du 9 novembre 1989, personne à Paris - ni même à Berlin - ne pouvait soupçonner que le mur allait tomber. » Une véritable polémique a alors eu lieu autour du témoignage de l’actuel chef d'Etat sur son voyage à Berlin le 9 novembre 1989. Ce fut l’occasion pour les politiques français de relancer le débat sur la maîtrise d’Internet. Cet évènement a suscité beaucoup de commentaires, plus ou moins sérieux.
Un blogueur du journal le Monde, a investigué et donne comme conclusion que Nicolas Sarkozy se serait trompé d’une semaine. Il s’est en effet rendu à Berlin, mais après la chute du mur, le 16 novembre 1989.
D’autres témoignages sur le net concernent cette affaire dont celui-ci : « Mon cousin habitant Francfort était présent ce 9 novembre car sa femme était de l'autre côté. Je confirme que personne ne pouvait se trouver sur le site avant au moins minuit sous peine de se faire tirer dessus par les miradors. […] D'ailleurs, il y a eu un mort à 11h09 consigné par l'armée Russe ce jour, un dernier passeur. »
D’autres internautes ont profité de l’occasion pour tourner en dérision le chef d’Etat. On trouve même un concours de photomontages représentant Nicolas Sarkozy au centre d’évènements historiques.

 

 

 


Une autre affaire, celle de François Fillon victime d’un « hoax » (une manipulation sur Internet) en 2009. Le 17 novembre 2009, le premier ministre prononçait un discours au congrès des maires de France. Quelques jours plus tard, un hoax a circulé sur le Web nommé « Fillon endort les maires et réveille les morts ». On y découvrait un extrait du discours de François Fillon donnant une mission à Jean-Paul Charié, député UMP du Loiret. Or M. Charié été décédé début novembre de la même année.
Dès lors, deux interprétations sont publiées sur le net. D’après l’Express du 6 décembre 2009, « il s’agissait d’un passage d’une allocution de 2008 », et ce devant le même congrès. Selon un blogueur amateur, François Fillon aurait réutilisé tel quel son discours de 2008, sans tenir compte du décès de M. Charié. Cependant, le premier ministre ne semble pas avoir tenu compte de ce hoax.

Internet peut aussi être le lieu de nombreuses protestations. Outre les pétitions, on voit fleurir des appels aux manifestations. Un des derniers en date a pour but de protester contre Nicolas Sarkozy, à l’image du « No Berlusconi Day »  le 5 décembre 2009. La manifestation italienne avait été lancée par un groupe de blogueurs pour réclamer la démission du chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. Les organisateurs avaient choisi le violet, "seule couleur laissée libre" par les partis politiques pour afficher leur indépendance. De la même façon, des internautes français se mobiliseront le 27 mars 2010. Un « No Sarkozy Day » pour dire Non à la politique de Nicolas Sarkozy et demander sa démission.

 

Conclusion :

On peut à la fois être très ‘’proches‘’ des politiques au travers de leur pages personnelles et en même temps pouvoir contribuer à leur destruction au travers de pétitions et de remarques désobligeantes de toutes formes. Tout est anonyme, gratuit et immédiat. Tous les coups semblent permis…

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